Parution ∫ Graphisme en France

Tombé dans la boite aux lettres ce matin. Comme chaque année, le CNAP publie un “état” du graphisme. Cette année, contrairement à la précédente parution qui traitait avec entrain des créateurs typographes, trois auteurs nous gratifient d’une muséologique sur le graphisme.

À une période nauséabonde où j’aimerait que notre profession soit soutenu et nos droits reconnus et affermis (c’est ce qui nous nourris aussi), ces questions sont abordées maladroitement et rapidement. Déception.

La publication se découpe en trois articles distinct:

  • Les espaces de variation des objets graphiques par Jérome Denis et David Pontille;
  • Graphisme d’aujourd’hui, patrimoine de demain? par Véronique Vienne;
  • Constituer une collection par Emily King

Je passerais sous silence le dernier article, je m’en suis complètement désinteressé (je n’ai pas dis que je faisais un post objectif non plus). Celui de J. Denis et D. Pontille approche, en grattant brièvement la sociologie du signe, l’usage et le déplacement des signes graphiques (l’histoire de l’@, en parallèle avec la signalétique du métro parisien).

Véronique Vienne pose la question de la perennité de leur travail à une dizaine de graphistes de toutes générations (d’Etienne Mineur à Rudi Meyer en passant par Michel Lepetitdidier et Philippe Apeloig). Ils abordent également le phénomène de reconnaissance (ou plutôt son absence) que résument d’abord Peter Knapp:

Jusqu’ici, le graphiste est resté peu influent. Pourquoi? Parce que seulement un pour cent des décisionnaires savent que l’Alliance Graphique Internationale existe.

puis Jean-Louis Frechin

La France est le seul pays dans le monde occidental qui n’as pas de grand programme de design ou de politique de graphisme institutionnel concerté.

J’en prendrais comme preuve ultime, la politique d’appel d’offres pipés ou inégaux proposé par les régions et les villes.

L’article me laisse tout de même sur ma fin, il renvois les graphistes à leur devoir d’excellence, dans leur coin.

Pourtant, à l’heure où le design digital module notre environnement visuel et intellectuel de façon révolutionnaire, la place des designers (dont sont les graphistes et les développeurs) est méconnue voire méprisé par les pouvoirs publics, alors que nous sommes des acteurs à part entière des processus de création industrielle.

Du point de vue formel l’objet est beau, imprimé sur deux papier de chez Fedrigoni. Les encarts visuels sont  cachés au verso des pages de textes que le lecteur déplie pour former un mini-poster.

La réalisation sobre (trop !) a été confiée a L’atelier 25, composé en Letter Gothic et Trade Gothic, choix qui, sur le beau polywrap texturé, a une incidence directe sur le confort de lecture. Moyen voire par endroits pas lisible lorsque les citations EN CAPITALES sont soulignées sur toutes leurs longueurs.

Quant à la reliure, je le dis sans aucune arrère-pensée politique, ça m’étonnerait qu’elle passe l’hiver. un peu de colle et ça tiendra le temps de jeter ce petit leaflet. Périssable donc.

Par curiosité, vous pouvez le demander gentiment auprès de cnap@culture.gouv.fr

publié : Mercredi, octobre 6th, 2010